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Saintes : sa maîtresse avait disparu en 2015, l'amant condamné à 30 ans par la cour d'assises

Le procès d'un homme accusé de l'assassinat de sa maîtresse s'est ouvert mercredi devant la cour d'assises de Charente-Maritime à Saintes et s'est achevé ce Vendredi.

 

"Je n'ai rien fait à Lysiane", a lancé dès le début de l'audience Guilain Fricot, bouquiniste ambulant de 66 ans, à la barbe et aux cheveux blancs, en détention depuis trois ans.

La disparition de Lysiane Fraigne, une employée de boulangerie de 54 ans, avait été signalée le 13 octobre 2015. Elle n'avait plus donné signe de vie depuis le 11 octobre. Son corps n'a jamais été retrouvé en dépit de battues dans les parties boisées de l'île d'Oléron.

"La famille attend de savoir s'il va parler et où est le corps de Lysiane pour faire son deuil complètement", a confié à l'AFP l'avocate des proches de la victime, Me Christine Teisseire.

L'enquête de gendarmerie a établi que Guilain Fricot et Lysiane Fraigne avaient une liaison depuis juillet 2015. Il a été le dernier à l'avoir vue, le samedi 10 octobre.

La première audition à laquelle il avait été convoqué "lui a fait peur et, il est parti à Paris", a expliqué à l'AFP son avocat, Me Victor Domingues, pour justifier le départ précipité de son client de Charente-Maritime.

Les gendarmes l'ont retrouvé en Seine-et-Marne le 25 octobre dans un camp de gens du voyage, allongé sous un fauteuil de voiture.

Présenté comme "jaloux, sanguin et violent" par d'ex-compagnes et des membres de sa famille, il a plusieurs fois changé de version pour expliquer les traces de sang appartenant à sa maîtresse, retrouvées sur des objets à caractères sexuels, dans son fourgon et le bungalow dans lequel il vivait sur l'île. "Je vivais dans la peur continuellement", a témoigné l'ex-femme de Guilain Fricot, qui se souvient de menaces de mort répétées envers elle et ses parents.

"Par peur qu'il vous tue ?", demande la présidente Isabelle Fachaux. "Oui".

Invité à se défendre, le bouquiniste à la carrure de rugbyman objecte: "Elle m'a quitté et elle est toujours là!"

Au premier rang, la famille de Lysiane Fraigne s'indigne. Son avocat a précisé à l'AFP qu'il n'y avait "pas une scène de crime violent" ni "de projection de sang" dans le véhicule ou le bungalow.

Son client parle "d'une relation sexuelle consentie le samedi avec une corde et objets sexuels" au cours de laquelle Lysiane se serait un peu blessée, a précisé Me Domingues.

L'enquête a démontré que deux jours avant cette disparition, il avait acheté 35 kg de chaux et 40 kg de ciment. L'accusé a expliqué que c'était pour effectuer des travaux chez des amis dont il a toujours refusé de donner le nom.

Le verdict a été rendu ce vendredi et le Bouquiniste a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle

avec Afp