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Pays basque : Une fillette de 5 ans attaquée par un aigle

En avril dernier, une petite fille de cinq ans, qui se promenait avec un groupe, a été attaquée par un aigle de l’armée de l’Air. Selon les militaires, ce dernier l’aurait confondue avec un drone. 

 

Cette mère de Saint-Just-Ibar (Pyrénées-Atlantiques) ne décolère pas. En avril dernier, une petit fille de 5 ans, qui faisait partie d’un groupe d’enfants qu’elle avait emmené en promenade sur les hauteurs du col d’Osquich au-dessus de Musculdy, a été attaquée par un aigle royal appartenant à l’armée de l’Air, rapporte France Bleu. 
 

Cet épisode a provoqué une véritable panique parmi les enfants présents. 
 

Blessée au bas du dos 

Après renseignements, l'un des 4 aigles, appartenant à l'escadron des services de la circulation aérienne de la base aérienne 118 de mont de Marsan, effectuait des exercices d'entrainement avec pour objectif d'apprendre aux aigles à chasser les drones. Visiblement l'apprentissage reste difficile pour Athos, Portos, Aramis et D'Artagnan (les 4 aigles appartenant à cette unité, 4 autres devant les rejoindre). 

La fillette a été blessée au bas du dos après que l'aigle ait tenté de l'agripper avec ses serres 

L’armée a présenté ses excuses à la mère de famille. Selon les militaires, si l’aigle s’en est pris à la fillette, c’est parce qu’il a confondu son t-shirt blanc avec le drone qu’il était censé pourchasser.

 

Il aurait aussi pu prendre l’enfant pour un lapin. 

 

En vertu d’une convention signée avec la commune de Musculdy, l’armée a par ailleurs poursuivi ces exercices les jours suivant l’incident, ce qui met terriblement en colère la mère de famille. Cette dernière estime que de tels entraînements ne devraient pas avoir lieu en période de vacances, car ils sont dangereux pour les promeneurs. Cela aurait visiblement été pris en compte par le commandant de la base qui a interrompu les entrainements lors de ces périodes.  

 

Les aigles apprennent à chasser les drones 

Les aigles sont des oiseaux de proie et sont donc naturellement équipés pour la chasse et l'interception en vol. 

Comme tous les rapaces, un aigle a une vue très développée", peut repérer une proie à 2 km. Grand (jusqu'à 2,20 m d'envergure), robuste (3 à 5 kg), "Un aigle royal, c'est 250 kg de pression par cm2" et ils sont lancés à 80 km/h en vol linéaire (jusqu'à 180 km/h en piqué). A la vue de ces  chiffres il est parfaitement imaginable de penser au choc ressenti par cette fillette et ces conséquences.

 

Avec leurs serres tranchantes et leurs yeux perçants, le plus rapide des drones devient une proie. Partant de ce raisonnement. Depuis 2016 la police des Pays-Bas a décidé d'utiliser ces rapaces pour lutter contre le risque potentiel que ces aéronefs représentent. 

Selon la police néerlandaise, les serres sont bien protégées et les hélices ne peuvent pas blesser l'animal. Cependant, des recherches sont menées pour concevoir un potentiel moyen de protection, au cas où cette pratique viendrait à se développer. En effet, qui dit drone dit hélice et donc risque que le rapace ait ses serres entaillées dans l'action.


La méthode d'interception telle qu'enseignée au rapace consiste à plonger sur le drone, le saisir avec ses serres pour le plaquer au sol et le recouvrir de ses ailes. 

 

Sachant que l'interception de drones de plus de 20 Kg est difficilement envisageable par un aigle, et que la majorité des drones vendus sur le marché pèsent entre 2 et 4 Kg, un bon nombre de ces derniers étant de couleur blanche, l'hypothèse que l'oiseau (pouvant repérer sa cible à plus de deux km) est plausible. 

 

Nous ne pouvons donc que conseiller a l'armée de l'air de faire part à la population de Musculdi des périodes d'entrainement afin que les parents évitent à leurs enfants de sortir surtout en t-shirt blanc. Et que la municipalité alerte les promeneurs. 

 

Vu cet accident et imaginant les sequelles sur cette petite fille, (physiques et psychologiques), la question de l'efficacité de ces oiseaux pour des missions d'interception reste toutefois posée. En effet la police néerlandaise a interrompu les entrainements en 2017 jugeant que la demande pour les rapaces anti-drones n'était pas si importante et le dressage des oiseaux revenait plus cher et plus complexe que prévu avec des résultats souvent incertains. Les autorités françaises devraient peut être prendre bonne note de ces résultats pourtant également constatés par le commandant de la base aérienne 118 et laisser ces oiseaux dans leur état naturels sans les contraindre à intercepter des objets blancs en mouvement dans un rayon de deux km pour la tranquillité de tous.