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Disparition Sophie le Tan : Le point sur la garde à vue du suspect

En garde à vue, Jean-Marc Reiser a affirmé n'avoir jamais rencontré Sophie Le Tan, malgré les traces de sang de la jeune femme retrouvées dans sa baignoire. 

Malgré de lourds éléments à charge, Jean-Marce Reiser nie les faits lors de sa garde à vue. Selon nos informations, le principal suspect dans la disparition de Sophie Le Tan à Strasbourg, a affirmé aux enquêteurs n'avoir jamais connu la jeune femme.

Des propos sérieusement contredits par des éléments matériels de l’enquête: des traces de sang dont l’ADN correspond à celui de Sophie Le Tan ont en effet été retrouvées dans la baignoire de Jean-Marc Reiser, à son domicile de Schiltigheim. S’ajoute à cela le témoignage d’une voisine, qui affirme avoir vu la jeune femme devant l’immeuble le jour de sa disparition. La voisine a notamment détaillé aux enquêteurs la tenue exacte que portait alors Sophie Le Tan.

"J’ai aperçu une jeune femme en costume noir, à qui j’ai ouvert. Il n’y avait pas d’asiatique dans l’immeuble, donc ça m’a marqué. Je suis la dernière à l’avoir vue vivante", témoigne cette voisine de Jean-Marc Reiser au micro de BFMTV. 

Le vendredi 7 septembre, Sophie Le Tan, étudiante en économie de 20 ans, a rendez-vous pour visiter un appartement en début de matinée à Schiltigheim, dans la banlieue de Strasbourg. Personne ne l'a revue depuis.

Une semaine après, le 15 septembre, Jean-Marc Reiser est arrêté. Celui-ci demeure à Schiltigheim et a été repéré par les enquêteurs grâce à des données téléphoniques. Dans la nuit du 17 au 18 septembre, Jean-Marc Reiser a été mis en examen pour assassinat, enlèvement et séquestration. Une cinquantaine d'enquêteurs de la police judiciaire de Strasbourg participe depuis à l'enquête, des recherches "tous azimuts", sur "un large périmètre".

Les antécédents du suspect

Jean-Marc Reiser, 58 ans, fils de forestier qui connaît la forêt vosgienne comme sa poche, s'est muré dans un silence obstiné face aux policiers. Son casier judiciaire est déjà bien rempli.

Il a été condamné en 2001 par la cour d'assises du Doubs à 15 ans de réclusion pour des viols commis en 1995 et 1996, peine confirmée ensuite par la cour d'assises d'appel de Côte d'Or en 2003.

En 1995 il avait violé une auto-stoppeuse allemande sous la menace d'une arme, dans les Landes. L'année suivante, il avait violé à plusieurs reprises une ancienne maîtresse.

Il avait été interpellé lors d'un contrôle de routine des douaniers dans le Doubs en 1997. Dans son véhicule avaient été découverts un arsenal d'armes de poing, un fusil à pompe, des cagoules et des stupéfiants ainsi que des photos pornographiques d'amateur, ce qui avait permis aux policiers de faire le rapprochement avec le viol dans les Landes.

Avant de comparaître devant les assises, il avait également tenté de s'enfuir du Palais de justice de Besançon lors d'une audience de la cour d'appel qui examinait sa demande de mise en liberté, à l'été 2000. Il avait été condamné pour cela à huit mois ferme.

D'importantes zones d'ombre

Jean-Marc Reiser a été acquitté en 2001 par la cour d'assises du Bas-Rhin dans une autre affaire, la disparition d'une jeune femme de 23 ans, en 1987, dont le corps n'a jamais été retrouvé. Françoise Hohmann était représentante de commerce. Le dernier client à qui elle avait rendu visite avant sa disparition, dans le quartier de Hautepierre, à Strasbourg, était Jean-Marc Reiser.

Ce dernier a également été condamné à deux autres reprises après sa sortie de prison, en 2012, pour des infractions moins importantes, avait rappelé le parquet.

La première condamnation, en 2012, lui avait de nouveau valu une peine de prison ferme. La seconde, en 2016, était assortie du sursis avec mise à l'épreuve. Une peine aménagée pour laquelle il a notamment effectué 140 heures de travail d'intérêt général début 2018 dans une médiathèque de Strasbourg. Il n'était alors pas en contact avec le public et n'a pas attiré l'attention outre mesure. Selon la presse locale, ces deux condamnations avaient été prononcées dans des affaires de cambriolages de cabinets vétérinaires, où il était visiblement à la recherche de produits anesthésiants.

Une perquisition chez lui après l'un de ces forfaits a permis à la police de retrouver des objets à la provenance douteuse, ce qui lui a valu une nouvelle condamnation, en avril 2017, à cinq mois de prison ferme, sans mandat de dépôt. Condamnation pour laquelle il avait rendez-vous le mois prochain avec un juge d'application des peines pour étudier la possibilité d'un aménagement de peine.

Avec AFP